La polychromie et ses effets esthétiques sur les intérieurs

La couleur dans l’architecture

La polychromie, un élément du plan de base pour les architectes d’intérieur:
Le Corbusier : La couleur est sans aucun doute un élément puissant dans la décoration intérieure. Le potentiel de la couleur a été redessiné juste au début du 20e siècle. Les fonctions et les tâches de la conception de la couleur ont été redéfinies au fil du temps. Le Corbusier fait partie de ceux qui ont donné à la peinture dans la construction une fonction essentielle. L’expérience de l’espace, un aspect central pour de nombreux architectes qui sont conscients de l’effet de la couleur dans la décoration intérieure et la conception architecturale générale de la couleur. Grâce à ces architectes, le caractère et l’atmosphère des pièces prennent de plus en plus de place et ont un rôle central croissant à jouer. Le choix de la couleur est généralement intuitif et subjectif. Qu’il s’agisse d’une peinture murale ou de la couleur des matériaux, le choix correct de la couleur dans la construction entraîne une symbiose parfaite avec un effet ciblé dans les pièces, voire des bâtiments entiers. La façon la plus simple de percevoir et de transférer les couleurs est de travailler avec des éventails de couleurs et de choisir une palette harmonieuse et adaptée.

Les couleurs et les concepts de couleurs de Le Corbusier

Outre l’architecture, Charles-Edouard Jeanneret-Gris (nom de naissance de Le Corbusier) s’est
constamment inspiré des beaux-arts, de la peinture, du graphisme, de la sculpture et de la tapisserie ainsi que des systèmes de couleurs. Les 63 couleurs de Le Corbusier et de sa Polychromie architecturale sont ciblées de manière à ce que les effets souhaités soient simples et les effets négatifs exclus dès le départ. Le système de couleurs de Le Corbusier transmet des informations – tant visuelles que psychologiques – avec chaque teinte. Les couleurs déclenchent des réactions émotionnelles et physiques, influencent le comportement humain et font varier l’espace. Le choix des couleurs de Le Corbusier est caractérisé par les principes suivants :

  • La couleur modifie toujours une pièce.
  • Les couleurs redéfinissent l’espace par leurs effets.
  • La couleur classifie les objets et les meubles.
  • La couleur a un effet physiologique et réagit à une sensibilité.
  • La couleur symbolise des phénomènes et déclenche des réactions, elle influence le comportement.

L’utilisation harmonieuse, audacieuse et historique de la couleur

Ce n’est pas nouveau – le Parthénon n’a pas toujours été blanc, mais a été à l’origine peint en plusieurs couleurs. Les statues grecques étaient autrefois peintes ! Et les intérieurs coloniaux américains n’étaient pas immaculés de blanc. Washington a utilisé le bleu de Prusse et le vert de Verde au Mont Vernon, et Jefferson a préféré le jaune chrome pour la salle à manger de Monticello. Pour la complexité pure, cependant, rien ne se rapproche de la polychromie des intérieurs victoriens du XIXe siècle. La couleur, une maîtrise optique
Au XVIIIe siècle, l’utilisation des couleurs était synonyme de luxe et de statut social, car il était coûteux de produire des couleurs stables à partir d’éléments et de pigments naturels. L’apogée des
objets et des pièces polychromes a commencé au milieu du XIXe siècle, grâce à la création de teintures synthétiques à l’aniline. Des couleurs fortes et vives étaient désormais disponibles à un coût raisonnable. Les décennies dites mauves ont produit non seulement cette nouvelle teinte, mais aussi le rose safranine, le bleu électrique de Nicholson et le beau et brillant vert de Scheele, une couleur mortelle à base d’arsenic, dont la fabrication a finalement été interdite. Dans les années 1850, il n’y avait pratiquement aucune restriction sur l’utilisation des couleurs. Néanmoins, certaines règles s’appliquaient afin que les couleurs et les combinaisons soient couronnés de succès. Les intérieurs du début du XIXe siècle présentaient des couleurs chromatiques vives de rouge, vert, jaune et bleu ainsi que leurs teintes plus claires. Au milieu de la période victorienne, les deux couleurs intérieures les plus employées étaient le vert et le rouge, avec des tons, des nuances et des saturations variables. Les habitants de la fin de l’époque victorienne préféraient les grands champs de teintes tertiaires profondes, adoucies par des fonds gris ou crème. Ces couleurs comprenaient de riches bruns de noix et d’acajou, de forts rouges indiens, le bleu nuit et le noir, complétés par des couleurs secondaires comme le prune, le jaune moutarde et l’or, le vert (généralement sauge ou olive), le mauve et le pourpre discret préparé à partir d’une teinture à
l’aniline datant de 1856. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, les propriétaires pouvaient décorer dans la couleur de leur choix. Éclairés par des lampes à gaz et à kérosène, les intérieurs restaient sombres, si bien que les teintes intenses ne pouvaient être appréciées à leur juste valeur.

La polychromie n’est pas seulement pour les murs et les plafonds

L’une de ses applications favorites était la porcelaine de transfert, développée dans le Staffordshire, en Angleterre, en 1756, comme alternative à la porcelaine importée, coûteuse et peinte à la main. Un motif imprimé était transféré sur une plaque de cuivre, puis sur la poterie. Des milliers de motifs ont été produits en brun, blanc et bleu ou en plusieurs couleurs. Un invité pouvait dîner sur une assiette avec une scène de Yosemite en bleu, vert et rouge… ou avec un paysage japonais tranquille réalisé dans de doux pastels. Les collectionneurs d’aujourd’hui mélangent dorénavant les couleurs et les motifs. Chacun de nous, selon sa propre psychologie, est contrôlé par une ou plusieurs couleurs dominantes. Ainsi, un individu peut tendre vers telle ou telle harmonie dont sa nature profonde a besoin.

Rénover des murs façon polychromie

Le Vert de Le Corbusier est une version peu saturée, qui dégage une élégante confiance en soi avec une nuance excentrique. Il est intrinsèquement audacieux et classique. C’est une couleur fantastique pour animer les intérieurs, en particulier à petites doses concentrées, comme dans les couloirs, les bureaux ou les salles de bain. C’est aussi une belle couleur d’accent dans l’ameublement, le papier peint ou les armoires. Ce magnifique bleu vert s’applique aussi sur le bois, le noir, les gris froids, le laiton et les blancs crémeux. Utilisez les effets psychologiques de la couleur verte pour créer une atmosphère calme et relaxante dans votre intérieur. Les effets de la couleur verte sont similaires à ceux du bleu, le vert est perçu comme calme et clair. Le vert est très apaisant pour l’œil et la nature nous en propose de nombreux exemples.